Flûte Thibouville-Frères 4 – L’ouvrier et le papillon

Aujourd’hui, je vais vous raconter une petite histoire…
Celle de l’ouvrier et du papillon.
C’est mignon, non?

Bon, en vrai je vais vous parler poinçons.
(Roh, mais non pas poissons, poiNçons)

Vous vous souvenez, les poinçons présents sur les clés de la flûte ?

Poinçons sur les clés

Oui, voilà, ceux-là.

Une nouvelle fois aiguillée par François, j’ai donc appris qu’il s’agissait (de gauche à droite sur la photo) d’un poinçon de garantie et d’un poinçon d’orfèvre. Même sans avoir encore nettoyé les clés, on pouvait déjà deviner « NL » sur le poinçon d’orfèvre.

Mais alors le poinçon de garantie…

Après un bon coup de nettoyage (mais en douceur pour ne pas risquer de l’endommager)… on arrive à ça !

Poinçons nettoyés

Et pour ceux qui trouveraient ça encore trop petit…

Zoom

C’est quand même plus clair là, non ?

Le poinçon d’orfèvre c’est donc bien « .N.L. »
Malheureusement je n’ai rien trouvé sur cet artisan… C’est dommage, ça nous aurait dit par qui Thibouville-Frères faisait fabriquer ses clés !

Pour le poinçon de garantie… C’est un joli petit papillon !
Et le papillon en question nous donne pas mal d’infos : « Poinçon en usage du 16 août 1819 au 9 mai 1838 dans la première Région (départements du Pas-de-Calais, Nord, Somme, Aisne, Seine-Inférieure, Oise, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Eure-et-Loir, Eure). Il garantissait le titre minimum de l’argent, soit 800 millièmes, et n’était apposé que sur les menus ouvrages essayés au touchau.« 

poinçon papillon

Je ne savais pas que les poinçons pouvaient nous en dire autant ! (J’ai tiré l’image et les infos du site Inter’Or, qui a un dictionnaire qui répertorie 6423 poinçons)

Quant à l’essai « au touchau » ou à la pierre de touche, il s’agit d’une technique visant à déterminer le titre d’un métal. Voilà ce qu’en dit l’encyclopédie universalis (ici) : « L’essai au touchau peut être pratiqué directement par les bijoutiers et les orfèvres ; il nécessite une pierre spéciale dite « de touche », inattaquable, inattaquable, très noire, sans veines et dure. L’objet à essayer est frotté et forme sur la pierre un trait épais ; à côté de cette empreinte, on frotte des « touchaux », tiges ou disques en métal dont les extrémités sont constituées de différents alliages contrôlés de métal précieux. Un liquide acide différent pour l’or et pour l’argent est également réparti sur l’ensemble des traits d’essais ; suivant l’évolution de la couleur de l’essai et par comparaison avec les traces étalonnées, le titre est donné par l’essayeur.« 

Voilà pour les petites nouvelles du jour… Pour ceux qui s’intéresseraient un peu aux poinçons sur les instruments, il y a un article sympa sur le blog Archives Musique Facteurs Marchands Luthier.

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